La charte des Pailhasses

De 15 heures à 18 heures, les rues sont sous le bon vouloir de Pailhasse.
Aucun observateur, quel-qu'il soit, que des participants volontaires ou non!

Le PAILHASSE
-Le Pailhasse est de Cournonterral et habite à Cournonterral. Ce n'est pas la porte ouverte à tout le monde. Pour les autres le Blanc (voir plus bas) est votre seule option sinon : le bonjour chez vous.
-Le Pailhasse est anonyme, son visage c'est le Rabas. Sans son Rabas, le Pailhasse n'est plus un vrai Pailhasse.
-Le Pailhasse est fier et imposant, c'est un rude, il ne fait pas de cadeau, il doit se faire respecter. Trop frêle ou trop fatigué? Rentre chez-toi tu sers à rien!
-Le Pailhasse doit-être solidaire de tous les autres Pailhasses. Un pour tous et tous pour un!
-Du défilé à 18 heure, le roi c'est Pailhasse. Roi, ne veut pas non plus dire: autorisation à se comporter comme le dernier des cons.
-Aux buvettes, c'est à Pailhasse de décider avec qui il trinque, il fait dégager le monde puis, peilhes sur les épaules, il va boire son coup sans salir le magasin Ce n'est pas la Suisse, il n'y a pas de zone neutre, et ce dés 15 heures. Les Blancs et les sales peuvent boire mais en courant vite et en évitant d'en renverser!
-Le Pailhasse boit mais ne passe pas son après-midi à se pochetronner. Amorphe et inactif, il ne sert à rien, celui qui s'habille pour boire tranquillement n'a rien compris.
-Le Pailhasse garde le meilleur pour la fin, il commence par salir les déguisés. En violet ou en marron, un sale fait moins tâche dans les rues du village!
-Le Pailhasse décide seul de ce qu'il doit salir. Pas de quoi, non plus, s'attaquer gratuitement aux façades inertes, ou alors c'est que tu as vraiment du temps à perdre
-Les Pailhasses ne sont pas là pour la photo. Sinon, ils feraient bêtes de foire au zoo!

Le BLANC
-Le Blanc est un KAMIKAZE qui vient défier le Pailhasse, il doit faire le rythme, courir, et faire preuve de courage. De loin, n'importe qui est valeureux!
-Tu veux rester propre, alors cours vite et évites de te faire attraper! Il n'y a pas de mystère, il te faut simplement appliquer ce principe!...De toutes façons, tu n'y échapperas pas!
-Tu n'y a pas échappé? Alors prépare des changes. Un Blanc violet, ça n'intéresse personne et ça gêne au milieu!
-Les limites du villages se trouvent aux panneaux signalés par un "Cournonterral" barré de rouge. Blanc des garrigues, tu fais honte à tout le monde, va te cacher!
-Tu n'as qu'un mot à dire: "SARRA!". Pas compliqué, un seul mot, alors CRIE-LE!

Les SALES
-Les sales participent à la fête, réarrangent les sacques, apportent le ravitaillement,gèrent la lie... Et ceux-là ne sont pas bien nombreux, les autres, les mains dans les poches, vous n'êtes que des touristes.
-Les carrioles: il y a celui qui sert, les autres ne servent à rien. Inutile de s'y mettre à plusieurs, vous ne serez pas moins épargnés, bien au contraire!
-L'échelle étant une pratique de Carnaval, et Carnaval finissant le Mardi-Gras à minuit, n'a définitivement pas sa place pour Pailhasses.Comme les anciens: en Pailhasses et en Blancs le jour des Cendres.

Les AUTRES
-Une tête au balcon? C'est l'échelle assurée! Pour y échapper il suffit de rester calfeutré et éviter de s'amuser à "allumer" les Pailhasses.
-Les enfants n'ont pas leur place pour Pailhasse, ce n'est pas un jeu, le combat est rugueux et peut-être violent. Ce n'est pas Disney-land, les parents qui sortent leurs enfants, leurs font courir des risques inutiles, ce sont des irresponsables.
-Pour les touristes: vous n'êtes ni concerné, ni les bienvenus! Nous ne nous invitons pas chez vous, alors restez-y!
-Uniformisé ou officiel, comme les autres dans les rues: à tes risques et périls! Les dérogations n'existent pas!
-Pour les journalistes, ethnologues, historiens, pseudo-écrivains et compagnie, le jour ou vous serez intègres et honnêtes, on en reparlera!

Les musiques de Carnaval sont : "Carnaval es arrivat" et "Adieu paure Carnaval" ; les musiques associées aux Pailhasses sont : "Le Branle des Pailhasses", "l'Air des Pailhasse" et "La Complainte de Cournonterral" exclusive à la crémation. Musiques qui ne doivent être jouées qu'aux circonstances spécifiques.

L'enclos et l'habillage

A l'origine "l'ENCLAUS" est, comme son nom l'indique, le lieu clos, à l'abri du regard des curieux, dans lequel les Pailhasses se préparent et s'habillent.
C'est là, aussi, où naissait le mannequin de paille et qu'il était baptisé; ainsi que là où les jeunes gens apprenaient les chansons critiques et qu'ils s'exerçaient aux danses.
Jusqu'aux années 50 celui-ci se trouvait à l'Est du village dans la rue de la Mourade, derrière l'ancien cimetière.
Aujourd'hui, le plus grand nombre de Pailhasses s'habillent à l'ancienne distillerie ou sur l'esplanade, le lieu clos est devenu "Hollywood boulevard" avec son cortège de touristes, curieux, appareils photos crépitants... De la discrétion d'origine, les Pailhasses sont passés au stade de curiosités publiques, ce qui est bien triste!

L'enclos hier...

...et l'enclos aujourd'hui. Cherchez l'erreur!

Le Pailhasse

Le Pailhasse est vétu de chaussures blanches, d'une chemise (manches retroussées au dessus des coudes. A noter que, jusqu'à une période pas si lointaine de cela, le torse était généralement nu sous la paille) et d'un pantalon blancs (le blanc à été établi depuis les années 20), pantalon tenu aux chevilles par des guêtres blancs (guêtres de Zouave? succédant aux jambières en peau d'animal et aux bandages), d'un sac de jute ouvert de façon à laisser passer la tête et les bras, farci de paille, devant et derrière, et tenu à la taille par un fil de fer (autrefois une lanière de cuir), d'un Rabas en peau d'animal teinté de bleu (de méthylène) ou de noir, d'un gibus orné de 7 plumes de dindes (le Gibus succédant au bonnet de laine, bonnet phrygien, bicorne, etc...), les épaules sont fichues de branches de buis et pour finir, les peilles, récupérées dans le chutes du sac, qui serviront au Pailhasse tout l'après-midi.

De nombreux "anciens" pailhasses, dont je fait partie, estiment s'habiller et non pas se déguiser, il y a là une nuance non négligeable!
En effet, ce n'est pas un dû d'être Pailhasse mais cela se mérite, on s'habille bien pour la circonstance!
Chaque Pailhasse qui se respecte doit se donner la peine de s'habiller correctement et véhiculer les valeurs qui lui incombent.
Un Pailhasse qui n'a pas ses guêtres, son rabas, gibus en plastique ou n'importe quel autres éléments n'est pas un vrai Pailhasse, de même ceux qui font teindre leur rabas par la coiffeuse du village ne méritent rien!
Même si le groupe carnavalesque et des particuliers vendent, le samedi précédent les Pailhasses des sacques et autres accessoires pour les retardataires (retardataires, pas touristes!), il y en a toujours qui arrivent le Mercredi avec des manques dans leur habit ou habillés n'importe comment et qui, tout de même, arrivent à se faire empailler.
Dommage que l'enclos ne joue plus son rôle de filtre pour ces personnes qui n'ont pas d'excuses.
Autrefois ceux-ci avaient le privilège de se faire découper la sacque avec une serpette et de sortir en Blanc ou de rentrer chez eux, au choix!
Certains "vrais" Pailhasses, dorénavant veilleront au grain et traiteront ces personnes comme de vulgaires sales!
Le manque de respect envers les anciens sales chargés de faire respecter les choses fait qu'aujourd'hui, ce seront les Pailhasses qui géreront la fête!
Alors méfiez-vous de qui vous croisez dans les rues...A bon entendeur
!

Le Blanc

Le Blanc est vétu de chaussures blanches, d'un pantalon blanc et d'une chemise blanche fermée au coup par une cravate ou un lacet rouge, une Taillole rouge ( la "tayola" du zouave, insigne des tailleurs de vigne et des laboureurs ) enserre la taille et sur la tête, un béret rouge ou un foulard rouge noué à la corsaire ( autrefois un bonnet de laine blanc ).

Voilà un belle évolution Pour les Pailhasses!
En-effet, depuis la nuit des temps, les Pailhasses étaient les seuls a arpenter les rues du village, courser les jeunes filles et rentrer dans les maisons. Les premiers Blancs on fait leur apparition vers la fin du 19eme siècle. Des têtes-brulées habillées, de circonstance, de blanc immaculé pour défier au mieux les Pailhasses!
Aujourd'hui, les Blancs sont partie intégrante des Pailhasses, sans eux, difficile d'imaginer la fête! Et comme les Pailhasses, ceux-ci ont des valeurs à véhiculer, un courage et une forme physique à démontrer!
Alors, voir les Blancs demander pitié dés 15 heure 01 ou voir des Blancs des garrigues ramener leur têtes fières sur la place à 18 heure..Cela laisse dubitatif!
Un Blanc qui "flanche" et qui passe son après-midi à se planquer, cela à toujours existé, mais celui-ci avait plutôt honte et évitait de se montrer!
Un Blanc qui défile, passe son après-midi dans les garrigues, et qui réapparaît à la fin, je vois pas son intérêt à sortir le Mercredi des Cendres
.

Le sale

Le sale...Le sale, vaste problème! Le sale omniprésent tout l'après-midi, celui qui gâche le paysage par son accoutrement et distille ses "conseils" tout le long de l'après-midi.
Autrefois les sales étaient les anciens (ancien, c'est à dire celui qui a des décennies de participation en Pailhasse et non celui qui est sorti une ou deux fois en Pailhasse ou Blanc de pacotille et qui donne la leçon) qui géraient les Pailhasses et la lie sur la place et qui prévenaient des débordements, ceux qui ne toléraient pas un Pailhasse mal habillé ou trop entreprenant, à une époque ou le village était encore un "village". Les sales qui jouent le Branle (autrefois, un seul et unique tambourinaire parcourait les rues du village et servait essentiellement à avertir les Pailhasses des gens qui regardaient par la fenêtre) ou, encore, ceux qui arpentent les rues pour ravitailler les Pailhasses en Peilhes ou en boisson. Bref, ceux qui participent à la fête!
Aujourd'hui, le sale, c'est celui qui sort habillé en ciret, qui refuse de se faire salir, passe son après-midi à se balader tranquillement, celui qui sort une fois dans sa vie et qui "fait la leçon" mais qui n'a jamais été fichu de donner l'exemple ou encore celui qui n'a pas suffisamment de courage pour s'habiller en Blanc...Qu'un grand-père s'habille en sale pour sortir ses petits-enfants, je le comprends: Il a fait son temps, il prépare la relève, mais les autres... Comiques de service, touristes, journalistes...?
Sans parler de "l'escorte" des chariots, pour rappel: il y a celui qui sert à boire, les autres ne servent à rien!
Voilà, c'est le seul et unique commentaire que je ferais sur les sales!

Le défilé et la ronde

Autrefois, le défilé partait de la rue de la Mourade et faisait deux fois le tour des remparts c'est à dire: Grand rue, rue du Jeu de Ballon, rue Carnot, les Remparts et retour sur la place par le Théron (depuis le 14eme siècle jusqu'à fin XIXeme siècle).
A l'origine, il s'agissait de faire simplement le tour de la ville (des remparts).

Depuis la fin du 19eme pour se montrer aux nouveaux "bourgeois", ou gros propriétaires installés le long de l'esplanade (le meilleur des points de vue pour les touristes, avant le retour chez eux!): Deux tours au départ de la croix, rue Malabouche (Rue des balcons, anciennement chemin des Peyroules ou encore route d'Aumelas...), rue de la Chapelle, grande Calade, petite Calade, rue Malabouche, rue de la Chapelle et arrivée sur la place.
Le défilé, tel quel, bien organisé en Pailhasses encadrant les Blancs, Blancs précédant les Pailhasses, une ligne de Pailhasses, une de Blancs...etc, date de: vers 1914.
Autrefois, celui-ci faisait place à un grand silence à l'apparition des Pailhasses, puis le branle au départ du défilé.
Aujourd'hui: une cohue...
Qu'un sale gère le défilé, jusqu'à l'arrivée, c'est normal! Que l'Echelle, les carrioles et un nombre incalculable de sales précèdent le défilé c'est anormal, le roi, c'est Pailhasse!
ALORS PAILHASSE, REBELLE-TOI ET FAIS LES DEGAGER DE DEVANT!
C'est Pailhasse qui doit marcher en tête encadrant les Blancs!

Après avoir défilé, au retour sur la place, la ronde se forme d'un Pailhasse, d'un Blanc et en attendant le signal donné par le clocher, dansent au son du Branle.

"La Ronde sur la Place"
Par RICESCO 2011

A la vue du nombre de plus-en-plus important de participants, il devient difficile de faire une ronde correcte.
Il n'a pas été rare, ces dernières années, de commencer en retard.
Et une minute, c'est une minute! Ce sont les 3 coups du clocher qui donnent le coup d'envoi et non pas un pseudo "monsieur Pailhasse" de pacotille qui décide de quant l'on commence, l'heure de gloire, c'est celle des Pailhasses!
A 18 heure précise, la fête est finie et les organisateurs s'empressent de faire désacquer les Pailhasses, ils sont très "à cheval" sur cette heure alors qu'ils le soient également pour l'heure de départ!
Quand aux badauds qui ont décidé de rester jusqu'à la dernière seconde pour voir la ronde, c'est vous qui avez choisi de prendre des risques, rien n'oblige un Pailhasse de commencer sur la place!
Le début des hostilités, c'est à 15 heure, et ce dans tout le village.

Dans le bain de 3 heures: Le jour du grand bordel

Après le Branle de la ronde, au signal des 3 coups du clocher, Les Pailhasses se ruent dans la lie et s'y vautrent. Certains se font tirer par les pieds, d'autres prennent leur élan et se jettent au sol, glissant sur quelques mètres. Ils se relèvent et aspergent les gens restés.
Des badauds curieux restés jusqu'à la dernière seconde pour voir la ronde se font latter avec les Peilhes.

"La Glissade"
Par RICESCO 2010

Les Blancs s'échappent de la ronde et se dispersent dans les rues du village. Le troupeau de chèvres s'en va derrière les remparts et remonte vers la rue du Parc pour une première traversée de la place du Temple. Ils ne doivent pas sortir des limites du village ni se réfugier dans les maisons. Ils doivent (devraient!...) affronter leurs adversaires.

"Le Tambour"
Par RICESCO 2011

La chasse au Blancs s'engage au cri de "Sarra!Sarra!", (Autrefois, "Sare" était le cri du Pailhasse, pour: "serre-toi, viens me défier, me coller" et non celui du Blanc comme aujourd'hui il est utilisé...s'il était encore utilisé!). Les Pailhasses bloquent les passages, les rues, ramènent ceux qu'ils ont attrapé sur la place pour les "rouler" dans la lie ou leur déverser sur la tête une comporte pleine. Personne n'est épargné. Aucun observateur, que des participants, même les têtes curieuses sortant d'une fenêtre et les "parachutés" qui ont pénétré "accidentellement" dans le village.

"Pailhasse dans la Baignoire"
Par RICESCO 2009/2011

Les buvettes sont dressées dans les magasins chargés de vin blanc, Carthagène, Pastis. Les Blancs ne peuvent pas s'approcher de ces lieux gardés par les Pailhasses. Ce n'est pas la Suisse, les buvettes ne sont pas une zone neutre. (Autrefois, les Pailhasses étaient accueillis par les femmes sur le palier de leur porte et même introduits dans les cuisines tapissées de draps blancs où on leur offrait vin blanc et escalettes).
Pailhasse décide seul s'il doit boire avec quelqu'un ou avec "personne", et "personne" n'est quand même pas à l'abri des autres Pailhasses!

"Moi en 2003"
Par RICESCO 2011

Jusqu'aux années cinquante, les Pailhasses se ravitaillaient dans la décharge située en surplomb du Coulazou et jusqu'à 1955, les jeunes faisaient le tour des bouchers pour récolter des abats. Les gens déversaient leur pot-de-chambre dans la rue.
En ce jour des Pailhasses, la merde sent bon et porte bonheur!
Inutile de gueuler après le shampoing, c'est pour ton bien!

"Pailhasse dans la Comporte"
Par RICESCO 2011

La chasse aux Blancs et aux badauds se poursuit sans discontinuité tout le long de l'après-midi.
Des premières comportes renversées en début, la tension monte crescendo durant les 3 heures. La Place et le Temple, les centres névralgiques, sont intégralement couverts sous plusieurs centimètres de lie et de "mixture".
Les Pailhasses qui viennent tremper leurs Peilhes et se rouler par-terre pour s'imbiber de la lie de chaque comporte!

"Pailhasse 2009"
Par RICESCO 2009

Si, au début des hostilités, les Pailhasses se contentent de salir ceux qu'ils croisent, avec leurs peilles, ensuite les Blancs sont attrapés et amenés vers la Place ou le Temple pour y être roulés ou pour prendre leur bain dans les comportes.
Pailhasse n'a aucune pitié, et ce dès 15 heure, le Blanc qui demande pitié dès le début sera salopé de la tête aux pieds, celui qui court sera épargné...tant qu'il aura le jus de fuir!

"Pailhasse et Blanc"
Par RICESCO 2010

La sainte lie-de-vin préférable, pour certains, à la "mixture"!
La boue n'a jamais fait partie du jeu. Mais, autrefois, les rues n'étaient pas goudronnées, seulement de la terre battue, et celle-ci se mélangeait naturellement à la "mixture".

"Pailhasses à l'Echelle"
Par RICESCO 2010

Le jeu bat son plein, la fatigue se fait ressentir, mais l'euphorie et l'alcool aidant, fait que chacun continu à se donner jusqu'à la fin.
Même fatigué, Pailhasse à toujours de l'énergie et ce jusqu'au bout, il se reposera le lendemain!

"Final"
Par RICESCO 2011

A 18 heure, Pailhasses et Blancs, tous unis sous la même couleur, se retrouvent en un Branle gigantesque de réconciliation qui met fin au jeu (Autrefois, les hostilités ne stoppaient pas à 18 heure mais pouvaient continuer jusqu'à ce que les participants le décident, jusqu'à plus-soif!).

Après 18 heures, les Pailhasses se font dessacquer, quelques participants maculés traînent encore sur la place...Après la "purification" sous la lie-de-vin, Il est l'heure d'aller retrouvé ses couleurs quotidiennes, avant de se retrouver pour discuter des moments partagés durant l'après-midi.
Même si le jeu est fini, chacun, dans l'esprit, est encore sous l'euphorie de la journée.

Le jugement

Heureuse initiative qui, depuis quelques années, propose un "véritable" jugement.
Pour clôturer cette journée, Pailhas(se), coiffé de son gibus traditionnel, est présent pour répondre de ses "délits" et de ses "écarts", l'accusateur, et la foule amassées à l'écoute du procès.
Le jugement rendu, Pailhasse sera brûlé sur la place publique.

"...A queste ser, siem sus la plaça
Per veire brùla lo Palhasse
Lo jutjament, va comença
Ara qu'avem finit la festa
Si voletz veire e escochar lo reste
A vetz pâs qu'a i démora..."

Extrait du jugement d' ESCOBILHAS 2005.

Jugement de BRACEJAIRE 2011

La cour coculaire

Vieille tradition languedocienne qui date du début du XIXe siècle, elle a perduré à Cournonterral jusqu'au milieu du XXe siècle (après guerre) avant de disparaître.
Simulacre de jugement qui est en fait l'occasion de conjurer le sort de tout homme nouveau marié qui risquait bien entendu de devenir un jour cocu. Celui-ci était monté sur un âne et des cornes étaient placées sur sa tète.

A Cournonterral, la cour coculaire jugeait les "Jeannots". Jeunes hommes nouvellement mariés qui délaissaient les camarades, sorties au café, etc...
Le nouveau marié devait boire du vin dans une grande corne de bouf, se promener sur un âne la face tournée vers la queue. Le tribunal composé d'un président, de deux assesseurs et de 4 gendarmes menait une procédure comique avant d'exécuter la sentence.

Aujourd'hui, la cour coculaire ne juge plus un jeune marié mais juge le Pailhasse (voir pépettes; page "l'avant") le soir des Cendres, sur la place en présence du public.
L'accusateur (Accusaire) et Pailhasse (Palhassa) sont les 2 principaux protagonistes. A l'occasion ils peuvent être rejoints par d'autres intervenants (Romegaire, Encacaudas, l'Estranger, etc...).
Après sa disparition à l'après guerre, le JUGEMENT de PAILHASSE a refait une réapparition en 1975 pour juger MAUCOUNTENT, puis en 2004 (et depuis de manière récurrente jusqu'à aujourd'hui).
Entre ces périodes le jugement consistait juste à faire brûler Pailhasse sur la place publique, accompagné parfois de musique et avec une complainte imprimée.

L'accusateur accable Pailhasse de tout les maux qui sont arrivés durant l'année précédente au village. Pailhasse sera irrémédiablement condamné au buchet, afin de recommencer une nouvelle année "lavé" de tout le passé négatif.
Caramentran (le roi de paille) est condamné dans presque tous les lieux où il est de sortie. Brûlé, pendu, noyer, etc....toutes les méthodes sont bonnes pour l'éliminer. A Cournonterral il est exclusivement "cramé".

Si a Cournonterral Caramentran est Pailhasse (et pas uniquement à Cournonterral puisque l'on retrouve le Palhaço à nice, entre autres), il est étonnant de voir que cette appélation est reprise dans des villages voisins tels que Poussan qui aujourd'hui, à la fin de Carnaval, juge le paillasse... alors qu'en 1902 ils avaient encore une cour coculaire (cour coculèra) qui jugeait JACOU. (René TULET)

A noter qu'à Cournonterral (jusqu'à l'après guerre) un drapeau jaune (couleur des cocus) surmonté d'une corne (idem) portait l'inscription: CONFRERIE DES COCULAIRES (la photo prochainement) accompagnait le cortège des Pailhasses

Ne pas confondre les cocu(l)s de Cournonterral (de la cour coculaire) avec les cocus de Cournonsec (.....)!

"Confraria dels Coculaires"
Par RICESCO 2014

Adieu paure carnaval

Adieu paure adieu paure
Adieu paure Carnaval
Tu te’n vas e ieù demòri
Abias pas qu’a emmerdar

As manjat de trufas negras
E de cambajon salat
As manjat la sopa à l'òli
As manjat la sopa à l'alh

Adieu paure adieu paure
Adieu paure Carnaval
Aimes lo vin de la trelha
Las begut se’n partajar

As cagat dins tas culòtas
As fach un polit travalh
Nous as fach de desaïcis
Ara te los cal pagar

Adieu paure adieu paure
Adieu paure Carnaval
Tu te’n vas e ieù demòri
Abias pas qu’a rambalhar

Carnaval t’aimam totes
Pasmèm sies sus lo buchet
Adieu paure adieu paure
Adieu paure Carnaval

A L'AN QUE VEN

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